Son plaisir a le goût de ce que l'on n'attendait plus. Cédric Klapisch, figure majeure du cinéma français depuis trente ans, a été sélectionné pour la première fois cette année au Festival de Cannes. « C'est le cinquième film que je présente, alors j'étais habitué à ne jamais être pris, à ne pas être "cannable", sourit-il. Donc cela me fait très plaisir car le film va peut-être avoir un destin différent, notamment à l'international. »
Cédric Klapisch l'a souvent répété : un cinéaste refait toujours plus ou moins le même film au fil du temps. Non qu'il manque d'inspiration mais parce qu'il n'y aura jamais trop d'une vie pour cerner les sujets qui taraudent les cinéastes. À 63 ans, le réalisateur d'Un air de famille (1996) fouille sans relâche le thème du rapport de l'individu au collectif et de la transmission. L'obsession a commencé dès 1994 avec Le Péril jeune puis en 1996 avec Chacun cherche son chat.
Sa fameuse trilogie où il ausculte façon Erasmus les idéaux d'une jeunesse urbaine - L'Auberge espagnole en 2002 et Les Poupées russes en 2005, ses deux plus gros succès avec 3 millions d'entrées chacun et enfin Casse-Tête chinois en 2013 - lui valut d'être identifié comme « cinéaste de la jeunesse ».