Enfant, il exprime sa sensibilité en jouant à la poupée. À 12 ans, alors scolarisé chez les maristes à Avignon, il est témoin d'agressions sexuelles de la part d'un prêtre, lequel sera envoyé au Cameroun pour étouffer le scandale. Révolté, ce fils d'expat catholique traditionaliste développe alors un intérêt pour les religions asiatiques. À 20 ans, il regrette d'être né dix ans trop tard pour devenir soixante-huitard et lancer des pavés en clamant « il est interdit d'interdire ».
Mais il ouvre les hostilités familiales en prêchant pour la fumette et les champis plutôt que les hosties. Puis chassez la rébellion, « Bernardo » finira par devenir raisonnable. En septembre prochain, il fêtera les 20 ans de son émission Enquête exclusive. De quoi revenir sur celui que l'on appelle dans le milieu « Bernard de la vitre arrière » (surnom trouvé par l'animateur radio Francis Zegut pour annoncer ses reportages pendant la guerre du Golfe). Mais pas que. « Au lycée, on m'appelait "Bernard de la couille en bandoulière". » Avec Bernard, qu'est-ce qu'on s'marre !
LA TRIBUNE DIMANCHE — À quoi pensez-vous en vous rasant le matin ? À votre retraite ?
BERNARD DE LA VILLARDIÈRE — [Rires.] J'ai toujours voulu préparer ma troisième vie. Mais ma retraite ne sera pas vraiment une retraite. L'éloge de la lenteur... Parce que finalement j'ai passé ma vie à sauter d'un continent à un autre, à très grande vitesse et sans forcément retirer toute la quintessence au moment où j'aurais souhaité le faire. J'ai mené une vie d'homme pressé.