Un gentleman qui élargit son travelling sentimental, dandy galant aux cheveux hirsutes. Timide audacieux qui, derrière ses grosses lunettes à la prof de philo, finit par vous regarder droit dans les yeux. Avec un sourire charmeur signifiant « c'est bon, quelle est la prochaine question ? ».
Soixante minutes de tête-à-tête pendant lesquelles il évoque ce gamin passionné de Lego de l'espace. De ses entraînements devant la glace depuis sa chambre d'étudiant pour conquérir son futur public. Mais aussi de manière anecdotique cette remarque isolée d'un prof d'histoire-géo - « Avec ta tête de corbeau, tu n'arriveras à rien ! » - qui le confortera à toujours privilégier le bon plutôt que l'insulte et le méchant.
N'empêche que depuis plus de vingt ans il est l'un des seuls artistes à dégager volontairement cette image « Kikou, j'ai vu de la lumière alors je suis entré ! ». Mais surtout, ne pas se fier aux apparences. Car le fils unique des deux écrivains Philippe et Martine Delerm, est un acharné de travail. Avec constamment ce souci du détail, du mot juste qui fera sens, donc la différence... Il paraît que Vincent Delerm a toujours eu le goût de la confidence. Ça tombe bien.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Cet album rend hommage à toutes ces personnes sans lesquelles vous ne seriez pas là. Le futur quinqua aurait-il pris de la maturité ?
VINCENT DELERM — Maturité, je n'en sais rien. C'est plutôt enfantin de vouloir dire « je t'aime » à tous ceux qui m'entourent et leur montrer que je suis dépendant de leur amour. Cette démarche me ramène davantage à ma condition d'enfant.