Cet été, il animera Bonjour !, la matinale de TF1, en remplacement de Bruce Toussaint. À partir de mardi, ce sera Secret Story. Un grand écart, certes, mais avec échauffement et étirements intensifs depuis plus de trente ans. Bon élève mais harcelé parce que homosexuel et surnommé « bouboule », il n'a jamais sombré.
Aujourd'hui, à 48 ans, marié avec Ghislain et papa d'un garçon de 5 ans né par mère porteuse, Christophe Beaugrand se bat quotidiennement pour que cesse la haine envers « ceux-là... », ces êtres humains qui sont « comme ça » mais qui n'ont vraiment pas choisi « de l'être ». Une heure de tête-à-tête à l'hôtel Kimpton St Honoré avec ce gouailleur est un remède à la torpeur.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Journaliste et animateur de divertissement. Vous êtes un des seuls à jongler avec cette double casquette...
CHRISTOPHE BEAUGRAND — J'adore autant divertir les téléspectateurs que les informer. Pour moi, c'est la même démarche. Ma relation avec TF1 dure depuis plus de vingt ans. Je présentais les JT sur LCI et, en parallèle, la quotidienne de Pink TV, la première chaîne gay du PAF, avec un show de drag-queens.
Comprenez-vous que ce mélange d'activités puisse être critiqué par certains médias ?
Ces journalistes-là ne m'interrogent pas. Cependant, je sens que les mentalités évoluent. L'essentiel est de voir ma sincérité et que l'on sache que je ne triche pas.
Vous ne trichez pas, mais quel débit de parole !
Depuis toujours ! Chaque année, ma mère était convoquée par les profs et les directeurs pour essayer de comprendre pourquoi je parlais autant. Il faut dire que je subissais de l'homophobie et du harcèlement scolaire. On m'appelait « bouboule » car j'avais de gros problèmes de poids. Alors j'essayais de compenser autrement, pensant qu'en en faisant des caisses je finirais par être aimé des autres élèves. C'était tout l'inverse. Ceux qui ne m'aimaient déjà pas me trouvaient encore plus insupportable !
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel, photo Albert Facelly