Formule 1 : les femmes prennent le virage à grande vitesse
Alexandre Lazerges
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

De Netflix à la F1 Academy, la passion des femmes pour la Formule 1 s’accélère.
LTD/Julien Goldstein
Alexandre Lazerges
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

De Netflix à la F1 Academy, la passion des femmes pour la Formule 1 s’accélère.
LTD/Julien Goldstein
À 17 heures cet après-midi, Jade, 19 ans, sera devant un écran pour regarder le Grand Prix de Bahreïn. « J'ai commencé à regarder les GP [elle dit "GéPé"] de F1 il y a deux ans et demi en révisant mes concours et je me suis mise à suivre l'actualité des pilotes, en particulier l'Australien Oscar Piastri chez McLaren, mon préféré, indique l'étudiante. Ce qui me fascine le plus, c'est leur acharnement. Je trouve ça dingue, leur discipline d'entraînement et leur rythme de vie effréné. »
Même constat chez Mila, une lycéenne parisienne de 16 ans. Son père, qui travaille dans l'édition, n'en revient toujours pas : « Ma fille n'hésite plus à se lever à 5 heures du matin le dimanche pour regarder une course. Elle est devenue beaucoup plus calée que moi, c'est fou. » Pour Mila comme pour Jade, l'origine de cette passion vient de la série Netflix Formula 1 - Pilotes de leur destin, diffusée depuis 2019. Ce programme, encouragé par Liberty Media, le propriétaire américain du championnat de F1 depuis 2016, dévoile les coulisses de la discipline reine du sport auto.
Par un habile storytelling, les téléspectateurs découvrent les pilotes en course et en dehors des paddocks, avec les coups bas, les négociations serrées entre écuries et les images chocs comme l'accident de Romain Grosjean en 2020, lequel est resté vingt-huit secondes dans sa monoplace en flammes avant d'en sortir indemne. La dimension dramatique de la série et ses explications techniques didactiques ont contribué à gonfler le nombre de téléspectateurs mais surtout des téléspectatrices, ce dont se félicite le diffuseur français de la F1, Canal+.
À lire également
« On constate une forte progression de la part des femmes qui s'abonnent à notre chaîne pour la F1 depuis 2019, et ce constat est encore plus marqué chez les nouveaux abonnés aux offres jeunes [moins de 26 ans] », souligne le service communication de la chaîne payante, tout en refusant de dévoiler des chiffres d'audience plus précis (tout comme Netflix, d'ailleurs). Margot Laffite, qui présente l'émission Formula One, le mag (Canal+), enfonce le clou : « Clairement, il y a plus de jeunes filles qui regardent la F1 et qui nous contactent via les réseaux sociaux. »
Alexandre Lazerges