Aix-en-Provence est indissociable de Paul Cézanne et réciproquement. La ville chante son héros, euphoriquement, comme les cigales en été. Niki de Saint Phalle est quant à elle de passage à Aix, et quelle exposition ! Entre Niki et Paul, rien de commun si ce n'est la volonté farouche de n'être enfermé par rien ; ni mode, ni courant, ni mouvement. Ne pas essayer de les rapprocher.
Pour appréhender Cézanne (1839-1906), mieux vaut se rendre chez lui, au Jas de Bouffan. Le père de Paul fut chapelier avant de fonder sa banque. Bingo ! Il achète le Jas. La famille s'y installe en 1859. Paul a 20 ans. Il y vit puis s'y rend par intermittence jusqu'à l'âge de 47 ans. En 1859, la demeure est en pleine campagne. Elle est aujourd'hui perdue dans un quartier dense et peu « provençal ».
La propriété, elle, l'est. Elle se visite. Hauts marronniers à gogo, bassin paisible, cyprès crâneurs, fleurs en goguette, vue sur les montagnes, la bâtisse familiale est classique (XVIIIe) et immense. Le père ne fut pas heureux d'apprendre que son fils voulait devenir peintre, dit-on. Le Jas prouve le contraire. Le père autorisa son fils à utiliser maison et parc comme atelier jusqu'à lui en créer un, au deuxième étage.