Rendez-vous a été pris avec Maurizio Cattelan, mais où est-il ? L'homme est un félin agile, un homme fragile aussi. On le dit insaisissable, imprévisible, débordé par lui-même, doué pour l'euphorie autant que pour les coups de mou. L'accueil du Centre Pompidou-Metz a vu passer ses emblématiques baskets blanches. Il dodelinait songeur puis a disparu.
Dans sa vie comme dans son œuvre, Cattelan joue à cache-cache. Il s'est évaporé, a oublié le rendez-vous peut-être, n'ayant plus envie de parler, peut-être aussi. En l'attendant, arrêts dans l'exposition qui le raconte. Cattelan est le co-commissaire de l'événement avec l'ultra-protectrice directrice du Centre Pompidou-Metz, son amie et consœur italienne Chiara Parisi. En 40 œuvres de lui et des centaines dénichées dans la riche et éclectique collection du Centre, le duo a imaginé un parcours sous forme d'abécédaire, pensé le rapprochement entre les œuvres qui tacotaquinent avec malice, ping-ponguisent dans l'allégresse.
L'expo est un autoportrait de Cattelan avec le danger de l'autocélébration narcissique. Humour et ironie évitent l'écueil. La curiosité de Cattelan pour la nature humaine, sa créativité débridée, la diversité des œuvres enfantées emballent. Dans le désordre, Cattelan amuse, perturbe, provoque, choque, questionne. Il existe parce qu'il dérange.