Comme s'il ne pleuvait jamais. Dans l'œuvre de David Hockney (né en Angleterre en 1937) la pluie est rare. Il lui préfère le soleil, le bleu des cieux et des piscines. Hockney c'est la vie en bleu, en rose aussi. Il conduit à nous faire croire que la vie est un long fleuve tranquille.
Pour répondre à la souffrance que pas un homme n'ignore, il choisit de peindre la joie, le bonheur comme si la vie ne giflait jamais. Hockney préfère le printemps euphorique au calme froid de l'hiver. Il aime le soleil, les corps, l'amour, l'amitié, les paysages flamboyants, le Grand Canyon, les vallées provençales, les palmiers californiens, les cerisiers normands, les fleurs, l'opéra. Il aime être emporté et partager ce qui le chavire, ce qui l'éblouit. La souffrance, vieillir, sa mort, rien de tout cela ne semble l'encombrer. Il ne le représente pas. À 87 ans Hockney continue de peindre sa bonne humeur, avec humour souvent. On parle de l'humour du désespoir. Sa peinture est-elle une mascarade, une réponse à la dureté cachée de sa vie ?
Il a perdu d'innombrables proches, victimes du sida ou de la drogue. Il ne les a peints que dans la jubilation de la vie, désirables, pas dans la déchéance ou le chaos. Hockney prolonge son enfance, son adolescence. Elles furent heureuses. David fut adoré, accepté, soutenu par ses parents. Il vécut son homosexualité comme il l'avait voulu, courageusement, alors que celle-ci était bannie. Il a aimé, a été aimé et l'est encore.