Jean-Marie Poiré : « Une cave vide ou à moitié vide, c'est déprimant »
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Dans la cave de... Jean-Marie Poiré.
LTD/Shootpix/Abacapress
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Dans la cave de... Jean-Marie Poiré.
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Chez vous, quelle place occupe la cave ?
JEAN-MARIE POIRÉ — À Paris, je conserve mes vins de longue garde dans un lieu dévolu aux professionnels. En Belgique, j'ai fait construire en sous-sol une cave réfrigérée qui elle-même abrite des frigos à vin pour amortir le son émis par le passage des voitures sur un ralentisseur placé devant ma maison. Des ondes très mauvaises pour le pinard ! J'ai aussi un frigo dans la cuisine, qui fait le relais pour les beuveries quotidiennes.
Quel est son taux de remplissage ?
Je tiens un livre de cave. Chaque flacon qui entre ou qui sort est consigné. Bon, ça, c'est le principe... Mais, par moments, j'ai des trous de mémoire ou des crises de flemme : il y a de l'erreur dans l'air ! Du bordel systémique. En tout cas, c'est plutôt du genre plein. Une cave vide ou à moitié vide, c'est déprimant.
Un tire-bouchon à la main, à quoi pensez-vous ?
J'ai le trac ! Comme j'apprécie principalement les vieux vins, les bouchons posent souvent problème. Je préfère utiliser un bi-lame.
Êtes-vous plutôt vin de soif ou vin de garde ?
Même si j'ai souvent soif, je n'aime que les vins de grande qualité. Un picrate médiocre ne me procure aucune satisfaction. Autant boire un bon whisky !
L'arôme qui vous émeut le plus ?
J'aime laisser vieillir les vins et je prends le risque de quelques rares fiascos. Déguster un vieux vin procure un plaisir fou parce qu'il a, avec le temps, acquis des saveurs exceptionnelles : le tanin s'évanouit, remplacé par des saveurs subtiles et inattendues. Deux avantages : un, on n'est pas bourré ; deux, il y a des surprises inouïes. Ce sont ces arômes improbables que j'apprécie le plus, quand on sait attendre le moment de l'apogée.
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