L'art textile, ces œuvres qui ne tiennent qu'à un fil
Daniel Schick
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Oeuvres d'Olga de Amaral : « Muro en rojos » et « Riscos en Bruma » (au milieu et à droite).
LTD/Marc Domage
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Oeuvres d'Olga de Amaral : « Muro en rojos » et « Riscos en Bruma » (au milieu et à droite).
LTD/Marc Domage
Pour Olga de Amaral (93 ans depuis mercredi), « chaque fibre est un mot ». Ses œuvres, ses sculptures en textile racontent son pays, la Colombie. Texte et textile partagent la même racine étymologique. Le verbe latin texere signifie à la fois " tisser " et « raconter ». Olga de Amaral est une tisseuse-conteuse, à la fois fille de sa terre, des arts textiles traditionnels et de l'art moderne.
Dès les années 1960, ses œuvres tissent des formes géométriques. Ses créations ne sont pas là pour faire tapisserie, ne sont pas accrochées aux murs pour faire joli. Son travail s'inscrit dans un mouvement peu connu appelé « fiber art ». Grâce à Amaral, son moyen de s'exprimer, son médium, est entré dans le champ des beaux-arts.
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Amaral travaille fibres et lumière. Compagne de ses œuvres, celle-ci les fait swinguer. L'éclairage naturel du rez-de-chaussée de la Fondation Cartier irradie son travail et conduit le visiteur à se rapprocher des œuvres, s'en éloigner, tourner autour, passer devant ou derrière. Chacune est une aire de jeu, un émerveillement technique et esthétique qui stimule la curiosité et brode l'imaginaire. Certaines compositions sont transpercées, trouées par la lumière. Le travail de tissage, lâche à certains endroits, permet à celle-ci de passer à travers dessinant ainsi une silhouette, œuvre dans l'œuvre.

Daniel Schick
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