L'idée de ce livre où elle fait parler Diana à la première personne du singulier s'est imposée à Christine Orban quand elle a vu, sur scène, l'adaptation (1) de Mademoiselle Else d'Arthur Schnitzler, ce soliloque intérieur d'une jolie jeune fille de la bourgeoisie viennoise dont la dolce vita va, d'un coup d'un seul, se transformer en tragédie.
Alors qu'elle est en vacances dans un palace italien, elle reçoit une lettre de sa mère lui annonçant que son père, sur le point d'être ruiné, ne pourra échapper au déshonneur et à la prison que si elle séduit un vieil et riche antiquaire. Ce dernier, pour lui donner l'argent qu'elle demande, met une condition : la contempler nue. Un dilemme infernal que Mademoiselle Else résoudra dans une scène grandiose de désespoir où elle consent au strip-tease pour sauver son père avant de se donner la mort.
Il fallait oser faire de Mademoiselle Else la sœur en douleur de Mademoiselle Spencer qui fut connue, et adulée, sous le nom de Lady Di ! Cette sororité est le fil rouge du journal de Diana tel que reconstitué et romancé par Christine Orban.
Décidément, l'écrivaine se joue des registres. Cette parisienne de chic et de charme qui a commencé sa vie de romancière sous le signe de la légèreté et que, de livre en livre, la densité a incroyablement rattrapée, au point qu'elle est allée jusqu'à fréquenter - littérairement, via sa mise en lumière de la sœur méconnue de Blaise Pascal, Jacqueline (2) - l'abbaye de Port-Royal et le jansénisme, s'est maintenant glissée, avec une délicatesse fougueuse, dans la peau de Diana.
Propos recueillis par Anna Cabana