Exposition : sur les traces de Francis Bacon, peintre du malheur
Voyage à Martigny, en Suisse, à la découverte de l'œuvre puissante et dérangeante de Francis Bacon, peintre anglais adulé du XXe siècle et considéré comme un des plus grands portraitistes de l'Histoire.
Daniel Schick
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« Francis Bacon – Présence humaine », jusqu’au 8 juin à la fondation Gianadda, à Martigny (Suisse).
LTD/The Estate of Francis Bacon. All rights reserved, DACS / Artimage 2025, ProLitteris, Zurich,
Direction Bacon. Dès la sortie de l'autoroute qui conduit vers Martigny, dans le Valais Suisse, Bacon est mentionné partout. Un peintre maudit indiqué comme un lieu-dit. Au-dessous des panneaux d'indication de la ville, sur les devantures des commerces jusqu'à celle d'un restaurant de steaks avec Bacon collé sur la vitrine. On sourit.
Ensuite, on ne sourit plus. Au fin fond de la vallée, une trentaine d'œuvres du maître anglais racontent les fins fonds troublés de l'âme humaine. Bacon est célèbre comme le sont Turner, Blake, Gainsborough, Burne-Jones et Hockney, son presque contemporain (vingt-huit années de moins que lui).
Si comparaison n'est pas raison, difficile de s'empêcher de la faire. Hockney a choisi d'être heureux, de prolonger une enfance épanouie. Bacon a fréquenté amis et amants qui ont mal, voire, font mal. Ils prolongent une enfance terrible. Sa mère, grande mondaine, ne s'occupe pas de lui. Son père le déteste et le fait battre. Privé d'amour, Francis Bacon n'est pas considéré, jamais regardé. Il ne cessera ensuite de vouloir l'être, comme les personnages qu'il peindra.
Bacon est né en Irlande en 1909. Il a 4 ans quand la Première Guerre mondiale commence. Alors qu'il a une dizaine d'années, il vit la guerre civile opposant les Irlandais pro-Londres et les Irlandais indépendantistes. Il voit le sang couler. Il entend les blessés gémir. Et encore la guerre. Il a presque 30 ans lorsque le second conflit mondial éclate. La violence, le déchirement, les hurlements entrent pour toujours dans sa peinture.
Francis Bacon est gay. Dans les années 1920, l'homosexualité est interdite par la loi, vomie par la société et la famille Bacon. Il part pour Londres en 1926 où il s'« épanouit » dans des bars secrets aux rencontres fugaces. Il s'apprend à peindre et rencontre son grand amour, Peter Lacy. Ils s'aiment violemment. Lacy meurt en 1962 d'une crise alcoolique aiguë.
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