Visa pour l’image 2025 : le Soudan d’Ivor Prickett, lauréat d’un monde en clair-obscur
De Khartoum en guerre aux forêts californiennes en flammes, la 37ᵉ édition du festival perpignanais a célébré la force du photoreportage. En couronnant Ivor Prickett pour sa couverture du conflit soudanais, Visa pour l’image rappelle que la photographie reste un outil de mémoire et de conscience dans un monde en crise.
Stéphane Correa
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Le major Ashraf Elbashir, officier de l’armée soudanaise, marche le long du pont Shambat à Khartoum-Nord, qui a été détruit, le 12 mars.
Un Soudan oublié, ravagé par la guerre, vient de trouver son témoin. Le photographe du New York Times Ivor Prickett a reçu, hier, le Visa d'or news 2025 (partenaire de La Tribune Dimanche), plus haute distinction du festival Visa pour l'image, pour sa couverture du conflit qui déchire le pays dans un silence médiatique presque total.
La remise du prix, lors de la dernière projection au Campo Santo de Perpignan, marque l'apogée d'une saisissante 37ᵉ édition, mosaïque d'actualités spectaculaires et crépusculaires.
Parmi les expositions marquantes, le Belge Cédric Gerbehaye saisit les visiteurs avec son noir et blanc ciselé sur le Cachemire. Beauté fragile et chaos latent : ses images traduisent la complexité d'une région sous tension permanente.
Farzan Sheikh, alors âgé de 16 ans, a été blessé à l’œil gauche par un policier indien armé d’un fusil à plomb le 28 mars 2017 dans son quartier de Srinagar, dans la partie du Cachemire administrée par l’Inde. Farzan a de nouveau été victime de tirs de... (Crédits : LTD/CÉDRIC GERBEHAYE)
À l'opposé, l'Américain Josh Edelson, photographe de l'AFP, déroule une décennie d'incendies en Californie. Ses clichés fauves, éclatants, dérangeants et splendides, rappellent avec force l'urgence d'agir face au réchauffement de notre planète.
Un pompier tente de contenir les flammes menaçant des habitations lors de l’incendie de Creek, dans le comté de Madera, le 7 septembre 2020. (Crédits : LTD/Josh Edelson/AFP)
Autre temps fort, le travail de la Néerlandaise Cynthia Boll sur le Grand Jakarta, mégalopole de 30 millions d'habitants menacée par les eaux. Ses photographies montrent l'avancée inexorable de la submersion et le gigantesque projet de transfert vers une nouvelle capitale construite sur l'île de Bornéo. Images poignantes qui interrogent l'avenir des grandes villes vulnérables au changement climatique.
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