ENTRETIEN – « La Tribune Dimanche » a rencontré Romain Duris à l'occasion de la sortie mercredi du dernier film de Guillaume Senez. Après « Le Règne animal » et « Nos batailles », l’acteur explore à nouveau la figure paternelle dans « Une part manquante ».Il déboule comme à son image : sourire ravageur, bagues aux doigts et tignasse savamment ébouriffée. Voici Romain Duris, avec à peine quelques rides en plus mais toujours la même énergie décontractée que lorsqu'il a débarqué dans le cinéma français en 1994 (Le Péril jeune). Plus qu'un autre, il sait incarner le garçon de son époque : les années 1990, les jeunes désinvoltes de Bastille puis la maturité graduelle avec la trilogie de Klapisch (L'Auberge espagnole, Les Poupées russes, Casse-Tête chinois), tandis que d'autres réalisateurs lui apportaient une profondeur différente (De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard, Dans Paris de Christophe Honoré, Persécution de Patrice Chéreau...) ou un glamour décalé (L'Arnacœur de Pascal Chaumeil).
L'éternel jeune homme a eu 50 ans cette année et le cinéma lui offre un nouveau chapitre, celui de mousquetaire chez Martin Bourboulon mais aussi celui du père quadra sensible et combatif qu'il a incarné dans Nos batailles de Guillaume Senez, dans Le Règne animal de Thomas Cailley et maintenant dans Une part manquante, dans lequel il interprète un père prêt à tout pour revoir sa fille.
LA TRIBUNE DIMANCHE - On veut vous dire « bonjour » mais peut-être faut-il dire « ohayo gozaimasu » en japonais : vous avez appris cette langue pour le film de Guillaume Senez et vécu quelques mois au Japon...
ROMAIN DURIS - Je l'ai apprise en phonétique, avec une coach qui m'envoyait des phrases ; j'ai travaillé au son, en répétant des journées entières. À force, on repère des mots et on caresse l'idée de parler japonais ! J'étais déjà allé plusieurs fois au Japon, mais c'est vraiment quand j'étais dans les rues de Tokyo pour la présentation de Nos batailles [2018], mon premier film avec Guillaume, que je lui ai dit : « Il faut faire un film ici ! » Après, il a trouvé son sujet en discutant avec des expatriés qui étaient dans le cas de figure qu'évoque le film. Avant, j'avais vaguement entendu parler de problème de garde partagée, pas seulement au Japon mais dans toute l'Asie...
Propos Recueillis Par Charlotte Langrand Photos Par Cyrille George Jerusalmi