Cinéma : les maux d’une mère
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Agnès Jaoui et William Lebghil dans La Vie de ma mère.
© Cloé Harent/Silex Films
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Agnès Jaoui et William Lebghil dans La Vie de ma mère.
© Cloé Harent/Silex Films
Il est des mots qui seront toujours employés à tort et à travers. « Bipolaire » en fait partie. Selon le degré d'ignorance ou le moment, il est utilisé soit pour décrire quelqu'un d'instable, soit pour charrier les personnalités soupe au lait ou même pour qualifier les gens de fous. Ainsi vont les pathologies psychologiques et psychiatriques, elles sont aussi mal nommées que mal connues. Il n'y a guère que ceux qui en souffrent pour connaître la signification du diagnostic et la réalité de leur quotidien. Eux, et aussi leurs proches... Comme dans La Vie de ma mère de Julien Carpentier, où Pierre (William Lebghil) est le fils de Judith (Agnès Jaoui), qui souffre de bipolarité depuis longtemps.
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Pierre sait exactement ce que cache ce mot galvaudé : une réelle maladie que trahissent le manque de sommeil, l'alcool, l'hypersexualité, l'énergie débordante, les vêtements voyants... Les bipolaires vivent leur vie avec une certaine exubérance, une notion très relative de l'interdit et des phases de dépression profonde. Ces cycles régissent la vie de sa mère, qui s'échappe un jour de la maison médicale dans laquelle elle est suivie car elle veut revoir son fils, unique et adoré, qui n'est pas venu lui rendre visite depuis deux ans. Judith déboule donc dans la vie de Pierre, fleuriste malin et consciencieux toujours flanqué de son collègue et compère Ibou (Salif Cissé, solide et juste), qui s'est jusqu'ici consacré à son travail : il a réussi à mener son commerce avec davantage de succès que sa vie amoureuse et familiale.
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