Cinéma : « La France doit préserver l’exception culturelle » (Marie-Ange Luciani, productrice d'Anatomie d'une chute)
Jean-Marc Rafaelli
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Marie-Ange Luciani.
@Les Films de Pierre
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LA TRIBUNE - Que ressent une productrice lorsqu'un film d'auteur rencontre à la fois le public, la critique et la consécration. C'est l'alignement des planètes ?
MARIE-ANGE LUCIANI - Défendre le cinéma d'auteur ne signifie pas ne pas vouloir rencontrer le grand public. Ce n'est pas antinomique, c'est au contraire la reconnaissance du travail et de la délicatesse du cinéma d'auteur indépendant. Cette année est une belle année pour Anatomie d'une chute, mais pas seulement : Le Procès Goldman de Cédric Kahn a très bien marché en salles. Des sujets peuvent être traités de manière un peu plus radicale que le cinéma promis aux grandes affluences et susciter l'engouement. J'avais déjà fait un film qui s'appelle 120 Battements par minute*, a priori d'accès difficile, mais qui avait dépassé les 850.000 entrées.
Anatomie d'une chute, c'est 1,5 million d'entrées en France. Avec l'effet Cannes, vous espériez mieux ?
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Le film est aujourd'hui amorti, il a coûté moins de 6 millions d'euros. Il a bénéficié du système d'avance sur recettes du CNC** et d'une coproduction avec la région Rhône-Alpes et France Télévisions. Tous nos partenaires, notre vendeur et notre distributeur, récupéreront la totalité de leurs investissements. Dans notre jargon, on parle d'un film rentable.
Lorsqu'on vous soumet un projet comme celui de Justine Triet où placez-vous le curseur pour décider, entre analyse rationnelle et intuition ?
Jean-Marc Rafaelli
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