« Coder, c’est peut-être le souhait d’une nouvelle rêverie... » (Nathalie Azoulai, écrivaine)
Propos recueillis par Olivier Mony
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Nathalie Azoulai.
© HÉLÈNE BAMBERGER
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Nathalie Azoulai.
© HÉLÈNE BAMBERGER
«
Les histoires normales ne m'intéressent plus pour l'instant, les sentiments, la famille, l'amour, l'art, tout me tombe des mains. » Depuis qu'un jour, chez des amis, l'attention de Nathalie Azoulai a été attirée par le fils de la famille, parfaitement indifférent à tout ce qui l'entoure, absent au monde, les yeux rivés sur son écran d'ordinateur, en train de coder, l'écrivaine ne peut plus penser qu'à cela, si éloigné pourtant de son univers de femme et autrice d'une cinquantaine d'années.Le résultat de cette obsession, ce sera donc Python (du nom d'un langage de programmation), un roman qui n'en est pas vraiment un, d'une grande intelligence, d'une grande drôlerie et étonnamment sensuel.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment est né Python ? De quel désir procède-t-il ?
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NATHALIE AZOULAI - D'un désir, depuis des années, d'insérer les questions de technologie à l'intérieur d'un livre. Et d'une image initiale, la vision d'un jeune homme en train de coder. J'ai compris qu'on ne pouvait pas passer à côté de ça et qu'en même temps j'allais entrer dans un labyrinthe. Que la logique d'appréhension du code m'échappait totalement et que c'était ce qui déterminait aussi mon désir d'écriture. Par ailleurs, Python est tout de même un récit d'apprentissage. En fait, cette « pratique » de jeunes hommes devant des machines - car si des jeunes filles ou femmes codent aussi, elles demeurent largement minoritaires - m'a amenée à m'intéresser à la question de savoir ce que c'est que d'être un garçon. Et à avoir assez vite le sentiment ou bien l'intuition que la capacité à jouer est inhérente à la masculinité. À jouer sérieusement.
Au nombre des conflits dialectiques que noue et dénoue votre livre, il y a en effet cette question de la place des garçons, vus ici comme une terre étrangère.
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