Disparition de Paul Auster : quand vient le soir
Olivier Mony
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Paul Auster en 2003.
LTD / Ulla Montan/Opale.photo
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Paul Auster en 2003.
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On le savait malade. Cancer du poumon. Son épouse, Siri Hustvedt, dans un post poignant partagé sur ces réseaux sociaux qu'il n'aimait guère, avait l'an dernier clairement laissé entendre qu'il fallait se préparer à ce qui vient d'arriver cette semaine : la fin des haricots. Paul Auster avait longtemps été le romancier américain préféré des lecteurs français. Question de gueule et de style... Puis peu à peu l'Europe entière, le monde convinrent de ce qu'il était : l'un des plus grands écrivains américains de ce temps.
Auster ne laissa jamais sa gloire le circonvenir. Toujours il chercha, au beau risque de tout perdre. Jusqu'à cet ultime opus, magnifique, œuvre au noir. L'histoire d'un vieil homme sur qui le soir n'en finit pas de tomber. « S. T. Baumgartner, illustre auteur de neuf ouvrages et de nombreux travaux plus courts sur des questions de philosophie, d'esthétique et de politique, membre fort apprécié de l'équipe de chercheurs de Princeton, phénoménologue vieillissant ayant passé sa vie dans le royaume du tangible, voyageur solitaire pataugeant jusqu'à la taille dans les mystérieux marais ontologiques de la perception humaine. »
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Ça, c'est pour la doxa ; pour les proches, si tant est qu'il en ait gardé, c'est d'abord un veuf, un ténébreux, un inconsolé, un septuagénaire brisé depuis plus de dix ans par la mort accidentelle, sur une plage de Cape Cod, de la femme de sa vie, Anna, traductrice et autrice. Baumgartner donc, Sy de son prénom, qui donne son nom en ce printemps au plus troublant et automnal des romans de Paul Auster, peut-être le plus autobiographique (également septuagénaire, marié à une écrivaine...).
Olivier Mony
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