Frida Kahlo-Helena Noguerra, la rencontre inattendue
Daniel Schick
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Helena Noguerra devant un autoportrait de Frida Kahlo au Centre Pompidou.
© LTD / CYRILLE GEORGE JERUSALMI POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Helena Noguerra devant un autoportrait de Frida Kahlo au Centre Pompidou.
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Un bruit effroyable. Un hurlement de tôles. Le chaos. Des cris. La panique. Dans le bus qui vient de s'encastrer dans un tramway, des Mexicains dont un couple de jeunes gens. Frida vient de perdre sa virginité. Pas par son petit ami. Une barre de fer vient de traverser son sexe, sa colonne vertébrale, son âme. Cette barre vient de forger son destin. Elle voulait être médecin. Elle ne le sera pas.
La peintre la plus célébrée au monde est née au fond de son lit à la suite de ce terrible accident. Elle a 18 ans. Frida est hospitalisée pendant des mois. Elle s'ennuie. Sa mère lui apporte un miroir, placé au-dessus de son lit. Frida Kahlo commence à peindre. Le seul visage qu'elle voit est le sien. Naîtront ensuite, tout au long de sa vie, des dizaines d'autoportraits. « Je me peins moi-même parce que je suis si souvent seule et que je suis le sujet que je connais le mieux. »
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Frida crée Kahlo bien avant son accident de bus. Ayant la polio, boitant, elle ne se cache pas. Elle impose sa différence. Elle n'exhibe pas sa maladie. Elle la déguise, capturant l'attention par ses tenues, ses nattes, les fleurs qu'elle y pique, qui attirent et aveuglent comme des gyrophares. Elle porte de longues robes qui cachent son corps abîmé et détournent, elles aussi, l'attention. Ses tenues mexicaines sont également les preuves de son attachement viscéral à son pays.

Daniel Schick
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