Livre : Dorothée Olliéric, mère sur tous les fronts
Rémi Jacob
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Avec le photographe irakien Muhammad Hashem lors de la bataille de Mossoul en 2017.
© LTD / © Muhammad Hashem
Rémi Jacob
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Avec le photographe irakien Muhammad Hashem lors de la bataille de Mossoul en 2017.
© LTD / © Muhammad Hashem
À lire également
Lovée dans le canapé de son salon surplombant une bouillonnante avenue du 11e arrondissement, Dorothée Olliéric désigne soudain du doigt la porte d'entrée de l'appartement. « C'est là que je dis à chaque fois à mes enfants "Maman t'aime" avant de partir dans un pays en guerre. Si je ne reviens pas, c'est la dernière phrase qu'ils auront entendue, mon dernier regard. C'est le moment le plus douloureux du reportage, ça me retourne le cœur. J'ai souvent pleuré une fois arrivée dans le taxi. » Ces trois mots, elle les prononce pour la première fois début 2002 avant de s'envoler pour l'Afghanistan, alors que son petit Félix n'a pas encore 3 mois. Ce rituel immuable perdurera avec l'arrivée de sa sœur Castille, deux ans plus tard. « J'ai écrit ce livre que j'ai appelé Maman s'en va-t-en-guerre pour leur expliquer pourquoi je risque ma vie avec ce métier de passion. Leur dire qu'une mère épanouie est au final une meilleure mère. » Le tout sans enfouir cette culpabilité qu'elle ressent dans sa chair depuis qu'ils sont nourrissons et qu'elle évoque avec une poignante sincérité. « C'est quelque chose de terrible de partir dans un endroit où l'on sait pertinemment que l'on peut mourir et laisser ses enfants orphelins. Rater des anniversaires est aussi quelque chose qui m'a rendue malade, même si j'étais très présente auprès d'eux quand j'étais à Paris. J'espère qu'ils me pardonneront. »
Rémi Jacob