Livre : « La Femme grenouille », de Niillas Holmberg, un Tristan et Iseut en Laponie
Serge Raffy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Niillas Holmberg, poète finlandais
© Marek Sabogal
Serge Raffy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Niillas Holmberg, poète finlandais
© Marek Sabogal
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Sabah Abouessalam-Morin : « À Edgar Morin, l’homme de ma vie »
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Peut-on parler d'amour à -40 °C ? C'est le pari fou engagé par le poète finlandais Niillas Holmberg dans un roman étourdissant d'audace narrative. Un jeune bibliothécaire, quelque part en Laponie, au pays des Sames, peuple de la toundra, des rennes et des glaces éternelles, voue un amour incandescent à Ellé, une jeune artiste peintre en vogue à Helsinki, tiraillée entre sa culture européenne et ses racines locales. En plein burn-out, Ellé ne parvient plus à concilier modernité et tradition, art contemporain et cultures ancestrales. Pour retrouver un sens à sa vie, elle abandonne la peinture, joue les ermites en zone frontière, quelque part sur la ligne de front du froid absolu, entre Finlande et Norvège. Son rêve : revenir à l'état de grenouille.
À lire également
L'amoureux transi, Samu, qui est aussi le narrateur, décide de plonger à son tour dans le doute, de suivre Ellé dans sa recherche de vérité, de ces temps mythiques où les pêcheurs et les éleveurs de rennes étaient les princes des aurores boréales, des nuits interminables, du vent et des étoiles, avant que le machinisme et les touristes ne les renvoient dans les oubliettes de l'Histoire. Certains verront dans ce roman un remake polaire de Tristan et Iseut, ou encore une déclinaison écologique, voire « décoloniale », de Roméo et Juliette. À tort. Niillas Holmberg, en jetant sa plume brillantissime dans la glace de l'Arctique, nous délivre un premier roman majestueux. Fût-ce à -40 °C, l'amour n'est pas interdit. Il est même recommandé.
LA FEMME GRENOUILLE - Niillas Holmberg, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, Seuil, 490 pages, 24 euros.
Serge Raffy
OPINION. « Et si la gauche française pouvait s’inspirer d’Andy Burnham ? » par Gaspard Gantzer, consultant et ancien conseiller de François Hollande
OPINION. « L'IA au service de l'humanité : le pape l'exige, l'Europe doit l'imposer », par Sandro Gozi, député européen
OPINION. « Le grand déclassement est déjà là », par Jean-Luc Ginder, économiste
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français