Livre : « L'Esprit Artificiel » de Raphaël Enthoven
Aurélie Marcireau
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Raphaël Enthoven, auteur de « L'Esprit Artificiel »
© Céline Nieszawer/Leextra via opale.photo
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Raphaël Enthoven, auteur de « L'Esprit Artificiel »
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En philosophie, l'IA ne sert à rien », tranche Raphaël Enthoven dans L'Esprit artificiel. Il l'a expérimenté le 14 juin 2023 en se confrontant à ChatGPT pour l'épreuve de philosophie du bac. Le sujet était « le bonheur est-il affaire de raison ? ». Il a décroché un 20 sur 20 quand la machine, elle, a obtenu un vulgaire 11 - la note du tâcheron sans éclat. Davantage de temps, un autre prompt (les indications données à l'IA) n'auraient rien changé : l'exercice de la philosophie est « inaccessible à l'intelligence artificielle », certifie le philosophe. « Le professeur de philosophie est le gardien d'un musée vivant dont les portes sont toujours ouvertes, et dont les occupants ont le champ libre à toute heure, pour se rendre visite et partager leurs doutes. Voilà ce qu'une machine ne pourra jamais rattraper. Aucune IA ne peut faire du surplace depuis deux mille cinq cents ans ; ça va trop vite pour elle. » On retrouve l'art de la formule et de la pirouette gourmande de Raphaël Enthoven : « La question n'est pas de savoir quand la machine produira de la pensée, mais plutôt d'où vient l'antique trouille que nous en avons, qui va du Golem jusqu'à ChatGPT en passant par Frankenstein ou Terminator... D'où vient que nous ayons besoin de penser cela ? » Et c'est là que l'auteur s'amuse le plus, jonglant entre pop culture et philosophes antiques pour finir par estimer que notre problème n'est peut-être pas tant notre rapport à la machine que notre envie de l'humaniser... et donc de nous prendre pour des dieux. Et de Dieu, dans la machine, il n'y a pas.
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