Martin-Pouret : graine de moutarde et vinaigre millésimé
Guillaume Fischer
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Photo d'illustration
© LTD / Martin Pouret
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La maison orléanaise vient de lancer un vinaigre de 10 ans d'âge co-brandé avec le palais de l'Élysée. Une consécration pour l'un des derniers fabricants de moutarde français. Dans son flacon digne d'un grand cognac, étiqueté aux couleurs de la République française, le vinaigre 10 ans d'âge de Martin-Pouret a investi début mars les rayons des épiceries fines et de quelques enseignes de supermarchés.
« Le produit est vieilli dans les fûts de chêne de notre chai comme les grands vins, explique Paul-Olivier Claudepierre, codirigeant de la société établie à Orléans. En associant son nom à Martin-Pouret, le palais de l'Élysée consacre le savoir-faire de notre maison en tant qu'acteur de la gastronomie française. » Cette première reconnaissance sera suivie d'une seconde non moins emblématique : Martin-Pouret a intégré le cercle restreint des partenaires de la cérémonie de remise des étoiles du guide Michelin, qui se tiendra à Tours demain.
Fondée en 1797 à Orléans, l'un des bassins historiques du vinaigre et de la moutarde en France, la maison Martin-Pouret a été rachetée en 2019 par deux entrepreneurs parisiens, Paul-Olivier Claudepierre et David Matheron. Bien décidés à réveiller la belle endormie, ils ont relancé localement la culture des graines de moutarde.
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Une douzaine d'exploitations du Loiret approvisionnent aujourd'hui la fabrique, qui produit annuellement 800 000 pots de moutarde et 3500 hectolitres de vinaigre. « Avec les marques Fallot en Bourgogne et Alélor en Alsace, Martin-Pouret est l'un des ultimes producteurs de moutarde 100 % made in France, se félicite son dirigeant. En effet, les autres fabricants utilisent exclusivement des graines importées du Canada. » À côté de l'exigence de qualité des recettes, le duo de chefs d'entreprise a aussi revu le packaging des condiments. Cette montée en gamme lui a permis d'accéder parallèlement aux cuisines des plus grands chefs français. De Pierre Gagnaire à Jérôme Legras en passant par Michel Bras, des ambassadeurs étoilés participent à redonner du lustre à la moutarde et au vinaigre du Loiret. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, quelque 400 fabriques vinaigrières étaient installées à Orléans, nœud central pour le commerce fluvial sur la Loire jusqu'à Nantes.
Guillaume Fischer
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