Crise de la moutarde : pourquoi la pénurie n'est pas encore terminée
Amandine Ibled
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« Pour l'instant, nous n'avons pas beaucoup d'informations sur la récolte de nos voisins d'outre-Atlantique en termes de volumes. Les Canadiens sont spéculateurs. Ils ne font pas beaucoup d'offres sur le marché dans l'espoir de voir les prix remonter, comme au cœur de la pénurie », constate Luc Vandermaesen, directeur général de l'entreprise Reine de Dijon (165 salariés, 50 millions de chiffre d'affaires).
Même si l'industriel reste confiant sur les surfaces semées cette année, il devra encore attendre quelques mois pour recevoir sa matière première, en quantité suffisante pour répondre aux besoins du marché. En effet, la récolte outre-Atlantique arrive en Europe, par bateau, d'ici la fin de l'année, et c'est un transport qui prend du temps car les graines sont soumises à des contrôles de traçabilité à chaque étape du voyage.
Dans l'entreprise Reine de Dijon, le dirigeant utilise encore, avec parcimonie, les graines de la récolte 2021. « Depuis le début de la pénurie, nous avons une vision de la production à seulement 10 jours », précise-t-il. L'entreprise n'a toutefois jamais arrêté ses lignes, ni eu recours au chômage partiel.

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Cette situation d'ultra-dépendance aux graines canadiennes aurait pu évoluer si le conflit russo-ukrainien n'avait pas éclaté en février dernier. « Habituellement, les Russes et les Ukrainiens produisent des graines blondes, mais sont aussi en capacité de produire des graines brunes que nous utilisons dans la moutarde de Dijon », explique Luc Vandermaesen. « Nous savons qu'il y a des réserves de graines brunes mais, avec la guerre, personne n'a réussi à mettre la main dessus... », poursuit-il.
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