« Jamais je ne quitterai le Liban » (Elie Saab, couturier des stars)
Elie Saab, le couturier des stars, célèbre 45 ans de création. Après avoir réuni Céline Dion et Jennifer Lopez dans un méga-défilé à Riyad, il se confie.
Propos Recueillis Par Élisabeth Lazaroo
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Celine Dion a chanté en l'honneur du défilé anniversaire Elie Saab à Riyad, le 13 novembre dernier.
LTD/INDIGITAL.TV/GETTY IMAGES FOR ELIE SAAB ; Tiziano Da Silva/Bestimage ; INDIGITAL.TV/GETTY IMAGES FOR ELIE SAAB
Sa mode fait fi des tendances. Ses robes sont éternelles. Elles racontent l'histoire féerique de la féminité que le styliste, né en 1964 dans la petite ville côtière de Darmour, au sud de Beyrouth, magnifie de broderies à nulle autre pareilles. Tel est le secret du succès planétaire du créateur préféré de Hollywood et des têtes couronnées. Il a fait du tapis rouge un conte des Mille et une Nuits. De Victoria de Suède à Rania de Jordanie ou Charlène de Monaco, son nom court sur les lèvres dans toutes les cours d'Europe et d'ailleurs.
Mais c'est le Liban, qu'il a mis sur la carte du monde de la mode, qui brille dans son cœur, et c'est pour ce pays martyr que ses rêves créatifs les plus fous prennent forme. Rencontre exclusive avec Elie Saab.
LA TRIBUNE DIMANCHE - C'est une première. Jamais Céline Dion et Jennifer Lopez n'avaient chanté pour un couturier (lire ci-dessous). A-t-il été difficile de les convaincre ?
ELIE SAAB -Elles sont venues par amour pour la maison. Avec Céline et Jennifer, nous partageons une relation d'amitié et de travail depuis vingt-cinq ans. 70 % du vestiaire conçu pour les shows de Céline à Las Vegas était du Elie Saab. Je les considère comme faisant partie de ma famille.
La performance de Jennifer Lopez, incandescente dans un body échancré au décolleté plongeant, n'a pas semblé choquer le public et encore moins les hauts dignitaires du royaume. Pourquoi ?
Le visage du Moyen-Orient n'est pas celui que le reste du monde s'imagine, il en a une vision plus géopolitique que culturelle. La maison Saab n'a pas été invitée au festival Riyadh Season par hasard. Le royaume veut développer autre chose que ses richesses pétrolières. Il est sensible à la beauté des choses ; son patrimoine culturel est immense. On assiste aujourd'hui à l'ouverture au monde d'un pays autrefois étouffé par les principes religieux. Il adopte une politique socioculturelle et touristique forte, tout en assouplissant sa politique conservatrice. La jeunesse a envie de ce changement. 60 % des 35 millions de Saoudiens ont moins de 30 ans ! Ils sont souvent diplômés des grandes universités à l'étranger, cosmopolites, ils voyagent et suivent les tendances.
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