Cet hiver se dessinent trois silhouettes qui remettent au goût du jour trois classiques de la mode. Zéro prise de risque pour un maximum de pouvoir.La « working girl » et son fameux « power suit », la « horse girl », ses santiags et son allure cavalière, ou encore la « bourgeoise » et ses fameux tailleurs et cols lavallière. Ces trois silhouettes dominent la saison et traduisent une tendance à la réappropriation des codes du pouvoir par le vêtement dans un paysage socio-économique incertain.
« C'est comme si la mode repartait sur des figures archétypales intemporelles déjà connues de tout le monde et qui marchent comme des espèces de socles et de valeurs sûres, développe Antoine Leclerc-Mougne, rédacteur en chef du magazine de mode Mixte. Il est aussi question de mettre en avant le pouvoir sous toutes ses formes ultracapitalistes, comme la politique, la réussite, l'argent... »
Pas de retour en arrière pour autant, l'idée étant de réinventer ces archétypes et de renverser les clichés. « À l'heure où les débats et revendications féministes dominent les questions sociétales, et où Kamala Harris peut être élue à la présidence des États-Unis, ces trois figures de femmes fortes et dominantes se retrouvent enfin réinterprétées par le female gaze [le regard féminin]. » Les voici donc dans leur version renouvelée. Présentation.
Horse girl
Entre deux défilés parisiens, Bella Hadid incarne la « horse girl » à la perfection (et jusque dans sa vie privée, avec son compagnon, Adan Banuelos, cow-boy de profession). Passionnée d'équitation depuis son plus jeune âge, la top-modèle s'engage désormais pour le bien-être animal et ne quitte plus son Stetson. Vestes à franges, pantalons bootcut et ceintures à boucle en argent massif ont aussi conquis les collections de l'homme Vuitton par Pharrell Williams, puis celles d'Isabel Marant ou d'Hermès.