Cet « aristo-graffeur » affiche fièrement ses 75 printemps et une jeunesse artistique qui décoiffe. « Bajac » est partout : dans nos assiettes en faïence de Gien, sur nos montres, sur les vêtements de sport multicolores Rossignol ou dans les dressings de stars comme Madonna, Diana Ross, Jay-Z ou Drake. Comme un pied de nez à l'anticonformisme, sa religion, le voici qui imagine les vêtements liturgiques qui accompagneront les cérémonies pour la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
L'archevêque Laurent Ulrich lui a confié la mission d'une vie : créer pour toutes les cérémonies de fêtes les ornements et vêtements des 700 diacres, évêques et prêtres de la cathédrale. Si la foi de ce chrétien pratiquant, né marquis en 1949 à Casablanca, remonte à l'enfance, c'est lors de sa rencontre avec Mgr Lustiger en 1992 que son histoire avec l'Église de France commence.
Choisi par le comité des arts sacrés pour réinventer la célébration de la messe en milieu carcéral, « JCDC » crée alors une chasuble colorée, « Mondrian médiéval ». Cinq ans plus tard, en 1997, le pape Jean-Paul II, 500 évêques et 5000 prêtres se retrouvaient habillés en chasuble arc-en-ciel pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Retour sur la « genèse » d'un projet fou.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous voilà « scellé » dans le renouveau de Notre-Dame. En avez-vous conscience ?
JEAN-CHARLES DE CASTELBAJAC - Heureusement que je ne m'en suis rendu compte qu'aujourd'hui et non lorsque l'on m'a confié cette mission : j'aurais été pris de vertige ! Faire partie des maillons de cette longue chaîne de bâtisseurs est un accomplissement, et en même temps, c'est très troublant. Ma première source d'inspiration dans mon travail de styliste provient du trésor de Notre-Dame et de cette robe tee-shirt ayant appartenu à Saint-Louis.
Propos recueillis par Elisabeth Lazaroo