Histoire d'art : la tentation Tanger
Daniel Schick
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Le festival itinérant « Art Explora » était en escale à Tanger en septembre 2024.
LTD/Salaheddine EL BOUAAICHI
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Le festival itinérant « Art Explora » était en escale à Tanger en septembre 2024.
LTD/Salaheddine EL BOUAAICHI
Tanger est depuis toujours une cité « entre ». Entre l'Afrique et l'Europe, séparées par le détroit de Gibraltar et ses 14 kilomètres, entre l'ogre Atlantique et la délicate Méditerranée, entre musulmans, chrétiens et juifs, entre grande richesse et immense pauvreté. Au large passe tout ce qui vient de la Méditerranée ou y entre. Tanger n'a cessé d'être convoitée par les Espagnols, les Portugais, les Anglais ou les Français. Enjeu stratégique donc diplomatique, c'est là que le peintre Delacroix débarque en 1832 avec le comte Charles de Mornay, émissaire politique français au Maroc. L'artiste a longtemps rêvé de Tanger avant d'embarquer à Toulon.
À l'arrivée, la ville effervescente ne le déçoit pas, grouillante de ruelles accrochées à flanc de colline. Delacroix s'installe dans un vaste palais devenu récemment le charmant musée Dar Niaba, hôte aujourd'hui d'œuvres de nombreux artistes-voyageurs. Delacroix est envoûté par la densité des couleurs de la ville, ses rues entrelacées, les Tangérois, notables ou artisans. Il remplit des carnets de dessins. Certains deviendront des tableaux.
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Ivre de sensations nouvelles, le peintre contemple le soleil se réveiller du côté de la Méditerranée et s'endormir sur l'Atlantique. Arrivé en hiver, il observe la brume qui brouille les lumières, les dilue, efface l'Europe normalement aperçue au-delà de la mer. Delacroix peint aussi, des femmes « exotiques », une vision de l'Orient quelque peu caricaturale. Sortir du musée Dar Niaba, c'est fréquenter les tableaux du peintre. Les échoppes, la folle cavale des Tangérois, leurs sourires et leur misère, leur gouaille, leurs regards résignés, l'appel à la prière, tout est ce qui a été.
Daniel Schick