Rentrée littéraire : les héros mal partis de Philippe Ridet
Olivier Mony
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Livre de Philippe Ridet, Bande de héros
© LTD / DR
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Livre de Philippe Ridet, Bande de héros
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« Jean-Denis aimait sa bande de héros, les chérissant chacun plus que sa propre famille. Lorsque, au petit matin, ils étaient trop saouls pour rentrer chez eux, quelques-uns restaient parfois dormir à la villa [...]. Avec eux, la maison était un phalanstère, une thébaïde, un kibboutz. C'est ainsi qu'il aurait voulu vivre à jamais, dans cette demeure dont un enfant aurait pu dessiner le plan, provinciale, accueillante, ensoleillée. »
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Quelque part dans une ville de province, début des années 1980. Une bande, donc. De héros ? Ça reste à voir. De mal partis plutôt, de restés reclus dans une adolescence dont ils ne sont pas pressés d'acter la fin. En ce temps et ces lieux-là, cela portait un nom : la jeunesse. Dans cette autoproclamée villa, il y a le maître des lieux qui lui sont chaque été prêtés par ses parents partis en villégiature caravanière, Jean-Denis dit « Jidé », et puis, Walter dit « Rhodes », Alain alias « Abdul », Harold aka « le Major » et Ponthus qui n'était que Ponthus. Une fille aussi puisqu'il en faut bien une, Livia, la sœur de Walter. Quelques autres godelureaux ou grisettes venus là pour un soir ou quelques nuits, attirés par la promesse de l'interdit, de déjà vieux airs pop, du vin rosé et des gins ananas... Et le temps passe comme ça, comme un soupir, comme l'été, à cheval entre ce qui fut et ce qui pourrait être, entre un hédonisme morose et la disparition progressive du champ des possibles. Certains partiront, d'autres non, un, faute d'avoir su le faire, pour un voyage sans retour.
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