Tous les étés sont provisoires et celui-ci n'échappera pas à son agonie programmée. Il s'épuise jour après jour. Le matin, le bleu cobalt du ciel de juillet est devenu laiteux ; le soir, on enfile volontiers une petite laine. Le vent est chaud puis devient frais, apportant avec lui une odeur de feuilles mortes et de cartable. Il y aura encore de belles journées, mais ce sera du rab. Déjà, à Tourouvre-au-Perche, mon village de l'Orne, les ados, rentrés de vacances, se retrouvent au citypark, entre le Carrefour et l'Ehpad, où ils s'essayent au tir à trois points. Sinon, on les retrouve au bord de la Moussuette, un étang privé où la baignade est interdite mais tellement agréable. De vieux refrains nous reviennent en tête. « Jamais la fin d'été n'avait paru si belle... » (Barbara) ou bien « Comment peut-on s'imaginer / En voyant un vol d'hirondelles, que l'automne vient d'arriver ? » (Jean Ferrat). Mais c'est une autre chanson du chanteur ardéchois d'adoption qui nous vient en tête : « Les touristes, touristes partis / Le village petit à petit / Retrouve face à lui-même / Sa vérité, ses problèmes... »