Traversant pour la première fois la commune de Tourouvre-au-Perche à la recherche d'une maison où vivre la moitié de l'année, je ne lui trouvai ni beauté ni grâce. Avec ma compagne, nous avions vu Mortagne, Bellême et Rémalard, autant de bourgs pimpants rassemblés autour de leur clocher, autant de manoirs nichés au fond d'un vallon, autant de cartes postales qui font rêver les Parisiens. Tourouvre au contraire étirait avec modestie son artère principale, baptisée rue du 13-Août-1944. Démesurément large pour une commune si modeste, elle est bordée dans sa partie centrale de maisons d'un étage construites sur un modèle unique. La place délimitée par la mairie-école et l'église Saint-Aubin était déserte, vaste comme un champ de tir. Le village flottait dans des habits trop grands pour lui. Quelque chose manquait, mais quoi ? C'était l'année du Covid. Une impression de vide et de tristesse contenue s'ajoutait à l'atmosphère lugubre de cet hiver 2021. Qui avait présidé au plan d'occupation des sols ? Un urbaniste adepte de la philosophie zen ? Un stagiaire sans imagination d'une administration quelconque ?