Michel Jonasz est définitivement un joueur de blues. Un mélomane dans l'âme, bercé depuis toujours par la musique tzigane. Un gamin né en 1947 à Drancy, lieu d'internement où la famille de sa mère a été placée avant la déportation.
Si un soir il est descendu un peu tard, un peu naze dans cette boîte de jazz, ce n'était pas pour se consoler d'une super nana partie pour un autre que lui et surtout pas à cause de lui, mais pour passer une audition de piano qui n'a pas convaincu le jury. De cet échec il a fait un succès. À 77 printemps dont cinquante-cinq ans de carrière dans la chanson, la télé, le théâtre et le cinéma, il conserve cette malice enfantine et cette crépitante simplicité.
Dans son bureau du Marais, il demande à Nora, la maquilleuse, de vider le tube de laque pour dompter sa crinière éclatante. Michel est d'humeur badine. Entre deux coups de pinceau, il raconte ses fous rires sur le tournage de Maison de retraite 2, particulièrement ceux avec Jean Reno. « C'est vrai que nous avons bien profité de la cantine ! » Naturellement, il s'accroche à mon bras pour rejoindre la place des Vosges, salive devant une pâtisserie, commente les galeries d'art sous les arcades et prend la pose sans jamais manifester d'ennui. C'est la classe, ce Jonasz !
La TRIBUNE DIMANCHE - Vous jouez dans Maison de retraite 2 avec une sacrée bande de septuagénaires. Vous vous sentez vieux ?
MICHEL JONASZ - La vieillesse, c'est dans la tête, c'est d'avoir ce sentiment de ne plus progresser. Et moi, je ne suis pas programmé pour ça. Je suis né avec la certitude que la vie m'apportera de belles choses. Certes, aujourd'hui, j'ai un peu moins de cheveux et un peu plus d'embonpoint, mais je garde le même optimisme qu'à mes 10 ans. Ma seule crainte est de ne plus avoir les moyens physiques ou cérébraux à la hauteur de mon enthousiasme. Mais je garde espoir, ma mère a vécu jusqu'à 94 ans avec toute sa tête !
Propos Recueillis Par Joséphine Simon-Michel