Patrimoine : ma ruine, mon trésor
Samuel Loutaty
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Usine Électrique de Saint-Gaultier
Vincent Ducos
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Usine Électrique de Saint-Gaultier
Vincent Ducos
Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines », écrivait Chateaubriand. Tous ? Certains plus que d'autres. Vincent Cunillère, 58 ans, est de ceux-là. Ce photographe a racheté, il y a deux ans, non pas une maison en ruine en Aveyron mais six, sur un coup de cœur.
Las, le toit et le plancher des trois autres maisons qui l'entouraient menaçaient de s'écrouler. Pour éviter l'effet château de cartes, Vincent Cunillère a donc racheté... l'îlot complet, soit six bâtisses. Longtemps, explique-t-il, les édifices prestigieux - comme le château de Versailles ou le Louvre - l'ont fasciné, mais aujourd'hui, avec l'âge, il a « appris à aller à l'essentiel, et à voir le beau dans la pauvreté de moyens ». Heureusement, son projet fait partie de la liste des 100 monuments retenus par la Fondation du patrimoine et une partie de ses travaux - pharaoniques - va être financée par le loto du patrimoine (lire l'interview ci-dessous).
Un énorme coup de pouce dont va profiter également Marcel Burel, propriétaire d'un moulin et d'une ancienne usine hydroélectrique à Saint-Gaultier (Indre), sur la Creuse. Sa motivation pour se lancer dans pareille galère : « Je voulais mettre à profit les compétences techniques de mon métier d'ingénieur qui ne m'ont pas servi au cours de ma carrière de manager. » Mais alors pourquoi pas un château ? La réponse fuse : « Ah non ! Moi, j'aime les causes perdues et je n'ai pas le goût de la frime. »
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Dans un premier temps, il entend rénover le bâti puis remettre en service la production d'électricité de l'usine, « comme au siècle dernier, avec les mêmes débits ». Ce féru d'histoire qui compte bien ouvrir un petit musée ne sait pas combien il va toucher de la Mission patrimoine.
Samuel Loutaty
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