À Taïwan, l’ennemi vient aussi de l’intérieur
Amélie Charnay, envoyée spéciale à Taipei
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Un soldat taïwanais, à Taipei, le 11 juillet 2025.
LTD/I-Hwa Cheng / AFP
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Un soldat taïwanais, à Taipei, le 11 juillet 2025.
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L'assaut a déjà commencé au large de Taïwan. Sur les plages de la côte nord-ouest, près de Hsinchu, les blindés amphibies de l'armée chinoise s'élancent. Ils n'iront pas très loin, pulvérisés en dix-neuf coups de canon par les chars Abrams achetés aux Américains. Un carton plein complètement fictif, la scène s'étant déroulée ce jeudi lors d'une simulation à tir réel dans le cadre des exercices de Han Kuang.
C'est ainsi que tous les étés, depuis 1984, les Taïwanais s'entraînent à résister à une possible attaque de Pékin. Le voisin menaçant n'a en effet jamais reconnu l'indépendance de l'île montagneuse de 23 millions d'habitants. Il en revendique même la souveraineté depuis que les troupes du Kuomintang, le Parti nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek, s'y sont repliées avec deux millions de compatriotes, fuyant le communisme après la Seconde Guerre mondiale.
Cette année, l'opération militaire prend une ampleur particulière avec 22.000 réservistes mobilisés sur dix jours et des répétitions de raids aériens. Une réponse à l'intensification des intrusions chinoises de type « zone grise », comme on les appelle ici. « 3 .000 navires et 5 .000 avions ont dépassé la ligne médiane du détroit de Taïwan en 2024 », s'étrangle Chiu Chui-Cheng, le ministre de la Commission des Affaires continentales qui n'a plus de relation avec son homologue chinois.
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Pourtant, dans l'immédiat, ce n'est pas la menace d'un débarquement qui inquiète. « La Chine ne sera pas prête à nous attaquer militairement avant 2027 », confirme sans ciller Tzu-Chieh Hung, directeur de recherches à l'INDSR, un think tank sur les questions de sécurité installé derrière les barbelés d'un terrain militaire.
Amélie Charnay, envoyée spéciale à Taipei