Partie de Berlin et de Munich mercredi, la mobilisation citoyenne gagne les provinces allemandes. Hier, plus de 100 rassemblements contre l'extrême droite et sa banalisation dans le jeu politique ont été enregistrés à travers le pays. Autant sont attendus aujourd'hui.
À Berlin, le cortège doit partir de l'esplanade du Parlement, la « pelouse du Reichstag », et rejoindre le siège de la CDU, la « Konrad Adenauer Haus ». « Ces noms du passé nous rappellent que nous devons toujours avoir en tête notre histoire, explique Else, une quadragénaire qui s'est portée volontaire pour présider un bureau de vote le 23 février, jour des prochaines législatives.
"Plus jamais ça" : notre démocratie est fondée sur ce principe. Tout rapprochement avec l'extrême droite est une trahison. » Else n'a jamais voté pour la CDU, mais elle connaît les origines du parti, notamment né au sein de la résistance des Églises allemandes contre le nazisme. Cette semaine, les évêques catholiques et protestants ont d'ailleurs publié une lettre pour épingler la stratégie de Friedrich Merz, le candidat conservateur.
À deux reprises au Bundestag, le leader du parti chrétien-démocrate a porté au vote un texte très restrictif sur l'immigration en misant sur une majorité avec le parti d'extrême droite AfD, alors qu'il avait donné sa parole qu'il ne tenterait jamais aucune alliance avec lui. Mercredi, il a remporté son pari. Vendredi, il a échoué - faute de faire le plein dans son propre camp, la droite conservatrice et libérale. « Isolé à Berlin avec son triumvirat de conseillers, raconte un baron local, Merz n'a pas senti le désarroi de la base. »