Cette journée d'élection sera-t‑elle aussi tendue que la campagne qui l'a précédée ? Plus de 7 millions de Sénégalais sont appelés aux urnes ce dimanche 17 novembre pour choisir une nouvelle Assemblée nationale. Jusqu'ici acquise au parti de l'ex-président Macky Sall, elle a été dissoute début septembre par le nouveau chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, élu le 24 mars. Mais, faute de majorité parlementaire, aucun projet de réforme n'a vu le jour ces huit derniers mois. Le budget 2025 n'a pas davantage été approuvé.
Principal animateur de cette campagne, le Premier ministre, Ousmane Sonko, est resté fidèle à son style résolument offensif sinon provocateur. Il a multiplié les flèches contre ses adversaires : le maire de Dakar Barthélémy Dias, l'ancien Premier ministre Amadou Ba, mais surtout le président sortant, Macky Sall, qui a mené bataille depuis Marrakech où il a élu domicile après la fin son mandat. Diffusée à partir du 20 novembre sur la plateforme Arte.tv, la série documentaire Stand-Up, la rage de rire dresse de manière passionnante le portrait de cet exercice polymorphe, symbole de la pop culture et véritable pouls de la société.
Avec cette stratégie de la tension, la campagne est vite devenue délétère et a été émaillée de violences entre les militants du parti présidentiel, le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), et ceux de l'opposition. Le QG du maire de Dakar a été incendié et de nombreuses rixes ont éclaté dans le pays. Dernièrement, Ousmane Sonko a appelé à « venger » les agressions contre ses supporters, avant, finalement, d'appeler au calme. « Il est dans une logique de résistance, comme s'il portait encore ses habits d'opposant, note Alioune Tine, fondateur du groupe de réflexion AfrikaJom Center. Cette logique ne pourra être rompue que par une victoire qui ouvrirait la porte à une recomposition des forces politiques. »