Intelligence artificielle : huit femmes incontournables dans un monde d’hommes
Peu de secteurs économiques sont aussi inégalitaires que celui de l’intelligence artificielle. Quelques pionnières, surtout issues du monde de la recherche, parviennent à ouvrir la voie et pèsent de tout leur poids pour influer sur le futur de la technologie. Portraits.
Par François Manens et Sylvain Rolland
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Découvrez les portraits de huit femmes pionnières de l'intelligence artificielle.
Impossible de trouver une femme plus célèbre dans l'écosystème de l'IA générative que l'Albanaise de 35 ans. En plus de six ans passés chez OpenAI dont deux dans le rôle de directrice technique (CTO), l'ingénieure s'est retrouvée maintes fois en couverture de journaux, seule ou aux côtés des hommes forts de la start-up. Très impliquée dans le fonctionnement quotidien de l'entreprise, elle a notamment dirigé le déploiement de ChatGPT. Fin 2023, lorsque le CEO Sam Altman s'est fait licencier par son conseil d'administration, l'ingénieure a endossé son rôle en urgence, pendant cinq jours, avant le retour triomphal d'Altman. Plus récemment, elle avait effectué seule sur scène la présentation d'une nouvelle IA de l'entreprise, GPT-4o, aux performances inédites. Mais début octobre, la jeune dirigeante a décidé de claquer la porte, signe d'un désaccord avec la gestion autoritaire de Sam Altman. Mira Murati cherche aujourd'hui à lever 100 millions de dollars pour financer son propre projet. Cela devrait n'être qu'une formalité.
En la faisant taire, Google l'a rendue célèbre. Après avoir dénoncé, dans un groupe interne en 2020, que le géant californien "réduise au silence les voix marginalisées", la chercheure de 41 ans a été brutalement renvoyée. Cette décision a déclenché une vague d'indignation mondiale dans la communauté de l'intelligence artificielle... et a braqué les projecteurs sur les enjeux éthiques de l'IA. Née en Ethiopie et formée à l'Université de Stanford aux États-Unis, Timnit Gebru est une sommité dans ce domaine. Ses recherches ont contribué à démontrer les biais sexistes et racistes présents dans les données utilisées par les IA. Et donc à prouver que les modèles d'IA perpétuent, voire amplifient, les inégalités et les discriminations. Après Google, Timnit Gebru a fondé en 2021 le Dair (Distributed AI Research Institute), un institut de recherche qui vise à placer l'éthique au cœur du développement de l'IA, et à mieux prendre en compte la voix -et les données- des non-occidentaux.