LA TRIBUNE DIMANCHE - Le secteur des grands magasins souffre un peu partout dans le monde. Comment se portent les Galeries Lafayette ?
NICOLAS HOUZÉ - Plutôt bien, ce qui est d'autant plus remarquable que nous avons traversé plusieurs crises profondes. Celle des Gilets jaunes a entraîné entre 2018 et 2019 une longue série de fermetures contraintes le samedi - notre jour d'activité le plus important de la semaine. La pandémie qui lui a succédé en 2020 et 2021 s'est traduite par deux cents jours de fermeture totale. Notre activité a été qualifiée de « commerce non essentiel », une formule de surcroît peu agréable à entendre pour les équipes. Nous avons perdu plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et plusieurs centaines de millions d'euros de résultats. Des montants très significatifs pour une entreprise familiale non cotée depuis cent trente ans, qui exploite 19 magasins intégrés ainsi que 38 en franchise. Nous parvenons néanmoins à nous rapprocher cette année du niveau d'activité de 2019. En 2023, le chiffre d'affaires a atteint 3,65 milliards d'euros. La croissance atteint 3% à la fin octobre à Haussmann et 4% pour l'ensemble des magasins.