Des filières aux intérêts divergents, des syndicats agricoles très divisés, des politiques en guerre sur tout le reste: l'opposition à la conclusion du traité de libre-échange de l'Union européenne avec le Mercosur bénéficie d'un consensus inédit en France. Cible traditionnelle de la colère des agriculteurs, qui la considèrent comme responsable de leurs bas revenus, la grande distribution française tente depuis quelques jours de se rallier à la cause, sans pour autant prendre de position commune et significative.
Comme souvent, Michel-Edouard Leclerc a été le premier. Le président de Leclerc a explicitement dénoncé l'absence des « professions impactées », en particulier des distributeurs, dans le processus d'élaboration de l'accord :
Deux jours plus tard, c'est le numéro deux du marché qui s'est engagé, d'une manière plus circonscrite mais plus concrète. Dans une lettre adressée au président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et publiée sur X mercredi 20 novembre, le président de Carrefour, Alexandre Bompard, a promis que son enseigne ne commercialiserait aucune viande en provenance du Mercosur, « quels que soient les prix et les quantités de viande que le Mercosur sera conduit à nous proposer ». Son appel aux autres « acteurs de la filière agroalimentaires » à s'unir dans « un mouvement plus large de solidarité » a été suivi le lendemain par Intermarché. Le troisième distributeur du marché, dans un communiqué de presse de jeudi 20 novembre, a pris l'engagement de « ne pas commercialiser de viande bovine, porcine et volaille en provenance des pays du Mercosur dans ses rayons traditionnels et dans les produits de ses marques propres ».