Saison des dividendes : comment faire les bons choix ?
Marc Fiorentino

Une société qui verse un gros dividende, n'est pas toujours en bonne santé.
LTD/**Shutterstock
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Une société qui verse un gros dividende, n'est pas toujours en bonne santé.
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Chaque année au printemps s'ouvre la saison des dividendes, attirant de nombreux investisseurs désireux de récolter les fruits boursiers. Mais on ne devient pas cultivateur du jour au lendemain, et il est nécessaire de bien comprendre le fonctionnement des dividendes, et notamment de démystifier certaines idées reçues, afin d'adopter une stratégie éclairée.
Idée reçue no 1 : toutes les sociétés versent un dividende. Un dividende est une portion du bénéfice net qu'une entreprise décide de distribuer à ses actionnaires en guise de rémunération. Cette décision est prise lors de l'assemblée générale des actionnaires, en fonction des résultats financiers et de la politique de l'entreprise. Cependant, toutes les sociétés ne versent pas de dividendes. Certaines préfèrent réinvestir l'intégralité de leurs bénéfices dans le développement de nouveaux projets ou l'expansion de leurs activités, estimant que cette stratégie favorisera une croissance à long terme et augmentera la valeur de l'entreprise. Et sera la source de généreux dividendes à l'avenir.
Idée reçue no 2 : plus une société verse un gros dividende, plus elle est en bonne santé. Un dividende élevé peut sembler attractif, mais il ne garantit pas la solidité financière d'une entreprise. Ainsi, une entreprise offrant des dividendes élevés pourrait le faire pour attirer ou retenir des investisseurs malgré des perspectives de croissance limitées. Pages jaunes, Vallourec ou Natixis sont des exemples de sociétés forcées de réduire fortement leur dividende, trop généreux, et qui mettait à mal leur santé financière. Il est donc crucial d'analyser la stratégie globale de l'entreprise et ses perspectives plutôt que de se baser uniquement sur le niveau des dividendes.
Idée reçue no 3 : il faut attendre au moins un an pour recevoir un dividende. En réalité, pour recevoir le dividende, il suffit de détenir l'action quelques jours avant son versement, à la date dite de « détachement ». Cette date est généralement fixée peu après l'assemblée générale qui valide le versement du dividende. Mais attention aux stratégies qui consisteraient à acheter un titre juste avant la date du détachement...
Idée reçue no 4 : il est judicieux d'acheter une action juste avant son dividende. Lors du détachement du coupon, le cours de l'action baisse automatiquement, généralement d'un montant équivalent au dividende versé. C'est fondamentalement logique : le versement du dividende entraîne une importante sortie d'argent de l'entreprise et donc une baisse de sa valorisation. Et d'un point de vue technique, il est normal que les acheteurs ne soient plus prêts à acheter un titre aussi cher une fois le dividende versé et que les vendeurs acceptent de le vendre moins cher.
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En conclusion, investir dans des actions à dividendes n'est pas une mode. Cela doit s'inscrire dans une perspective de long terme, en privilégiant des entreprises offrant des dividendes stables et pérennes, à l'image de Total, Orange, Engie, Carrefour ou encore BNP. Ces valeurs sont surnommées les « aristocrates » et il existe même des fonds et des ETF spécialisés sur ces valeurs. Cette approche défensive permet de cumuler les dividendes au fil du temps, contribuant ainsi à la performance globale du portefeuille, que ce soit en augmentant les plus-values ou en compensant la baisse des cours lors des phases de retournement de marché...
Marc Fiorentino