Les signataires réclament une conférence mondiale sur le commerce des minerais du Kivu afin que les profits engendrés permettent d’abord de nourrir le peuple congolais.
Depuis trois décennies dans les deux provinces du Kivu en République démocratique du Congo, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont confrontés tous les jours à ce que l'homme peut faire de pire : crimes et viols de masse, pillages et vols, exodes forcés, malnutrition et absence totale d'accès aux soins.
Parallèlement, tous les jours dans le monde, des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants vivent et portent sur eux ce que l'homme produit de meilleur grâce aux minerais du sous-sol du Kivu : smartphones, véhicules hybrides et électriques, appareils numériques, industries spatiales et aéronautiques, produits de hautes technologies, bijoux, etc.
Le Kivu est le lieu d''horribles, barbares, froids et brutaux crimes contre l'humanité pour conquérir le pouvoir industriel, économique, numérique et technologique. Ce pouvoir s'appelle tantale, cobalt, or, etc. Le Kivu a une grande Histoire, celle de ses ethnies, de ses identités culturelles, religieuses et artistiques. Le Kivu a la chance de pouvoir écrire une grande partie de l'histoire de l'avenir et de l'humanité du XXIème siècle.
Mais le Kivu est aux mains de groupes armés de toutes natures, milices d'autodéfense, déserteurs ou M23 qui ont décidé, au mépris de toutes les injonctions internationales, de ne pas cesser le combat et de poursuivre ce qu'il faut bien qualifier de crime contre l'humanité. Les hommes, les femmes et les enfants du Kivu ne peuvent pas devenir la honte et la culpabilité de l'avenir de milliards d'entre nous.
La République démocratique du Congo est un immense pays au cœur des enjeux de l'Afrique et de l'humanité du XXIème siècle.
Le monde doit avoir le courage d'ouvrir les yeux et d'appeler collectivement à la Paix au Kivu et à l'arrêt immédiat de tous les crimes qui s'y produisent chaque jour, pour sauver l'existence de celles et ceux qui sont encore en vie, et pour accompagner celles et ceux qui, encore vivants, resteront marqués par la violence à laquelle ils et surtout elles ont été confrontées.
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La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
Nous avons entendu sur place les témoignages des victimes. Nous avons vu les images des massacres. Nous avons entendu les voix de toutes celles et de tous ceux qui, sur le plan politique, diplomatique, religieux et associatif, sont engagés pour faire cesser ce conflit.
Ces voix nous appellent toutes à témoigner de l'horreur que vit la population congolaise, de la violation délibérée de l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, des immenses besoins de la population congolaise sur place, de la peur dans laquelle vivent des millions de personnes, de la nécessaire prise en charge humanitaire et médicale des populations.
La République démocratique du Congo est un immense pays au cœur des enjeux de l'Afrique et de l'humanité du XXIème siècle. Plus grand pays de langue française, pays stratégique en matière de ressources minières critiques et en énergies non carbonées, centre africain de culture et de création, terre agricole de premier plan.
Nous refusons de pleurer les larmes de sang du Kivu.
Ne laissons pas ce pays, dont la France devrait faire un partenaire stratégique pour son avenir, aux mains de ceux qui souhaitent le déstabiliser pour mieux le piller. Initions une conférence mondiale sur le commerce des minerais du Kivu afin que ceux-ci viennent d'abord nourrir le peuple congolais qui a la chance de les posséder avant de construire le confort de notre vie quotidienne. Nous refusons de vivre avec la culpabilité de celles et ceux qui savaient, qui vivaient avec, qui en profitaient et qui n'ont rien dit, ni rien fait.
La communauté internationale, les gouvernements de tous les pays, les entreprises qui utilisent les minerais du Kivu et les milliards de citoyens - consommateurs qui en bénéficient à chaque seconde de leurs vies doivent se mobiliser pour faire cesser ces crimes contre l'humanité qui sont autant de crimes contre notre avenir. Nous refusons de pleurer les larmes de sang du Kivu.