« Magnifique ! Un pin, un chêne... » Sur cette parcelle de forêt de La Teste-de-Buch, Fabrice Carré avance en prenant soin d'enjamber les jeunes pousses qu'il est venu recenser. Pour cela, le forestier a planté un piquet autour duquel il fait tourner un fil rouge pour étudier une parcelle de 6 mètres carrés. « Tiens, celui-là fait 80 centimètres ; il doit avoir 1 an et demi », estime-t‑il en s'approchant d'un jeune pin maritime. Un arbre né par-dessus les cendres, donc. L'été 2022, un terrible incendie ravageait la forêt de La Teste-de-Buch (Gironde) pendant plusieurs semaines. Trois ans plus tard, une nouvelle forêt commence à pointer le bout de son nez.
« Pour le grand public, c'est difficile de voir ce qui a changé », observe Francis Maugard, responsable risques naturels à l'Office national des forêts (ONF), qui gère la partie domaniale de la forêt pour le compte de l'État. Le long de la route départementale, la nature est encore clairsemée. Par endroits, des troncs noircis, sans feuillage, laissent transparaître la dune du Pilat en arrière-plan, quand elle était auparavant totalement masquée par les feuillages. « Mais de près, vu de l'œil d'un expert, il se passe beaucoup de choses ! » poursuit Francis Maugard. Pour le prouver, les techniciens de l'ONF Fabrice Carré et Mathieu Brugère étalent devant eux des cartes plastifiées sur une table de pique-nique à l'entrée de la forêt.