LA TRIBUNE DIMANCHE — Qu'attendez-vous de cette Conférence des Nations unies sur l'océan ?
ALEXANDRA COUSTEAU — Nous attendons l'interdiction du chalutage de fond dans les aires marines protégées et la transparence sur la pêche, ce sont nos deux grands enjeux. Ce sont des engagements concrets et mesurables, des décisions à portée immédiate et qui peuvent transformer notre rapport à l'océan. Est-ce qu'Emmanuel Macron sera au rendez-vous ? Je l'espère. Il a été le premier leader à appeler à un moratoire sur le forage minier dans l'océan. La France a mis en place des mesures contre le plastique jetable ; beaucoup plus que dans d'autres pays, elle a pris des mesures antigaspillage... Je voudrais désormais que la France, avec tout son territoire maritime, devienne un leader mondial. La France et le président de la République peuvent montrer le chemin aux autres pays.
La France et l'Europe peuvent-elles par leurs décisions contrebalancer celles du président des États-Unis, Donald Trump ?
Il est difficile de savoir dans quelle direction les États-Unis s'engagent car leur position évolue constamment. C'est peut-être le moment de réimaginer la façon d'agir. J'ai vécu dans de nombreux endroits dans le monde, j'ai vu les enjeux concernant l'océan se décliner de façon tellement différente depuis 35 ans. Il est indispensable d'avoir des accords bilatéraux et de ratifier le traité sur la haute mer. Et, quoiqu'il se passe aux États-Unis, le reste du monde doit avancer. Souvenons-nous de l'Antarctique dans les années 1980. Mon grand-père avait fait une énorme campagne pour qu'un moratoire soit adopté concernant les activités minières. Quel pays a été au rendez-vous ? La France. C'est grâce à ce leadership que l'on a pu engager d'autres pays - pas tous, certes, mais notre pays a avancé. On ne peut pas s'arrêter là où les autres s'arrêtent.