EDITO – Face au changement climatique, l'océan est en première ligne. Insidieusement, les fonds marins se meurent à mesure que la température de l'eau et que la pollution augmentent. Le regard de Laurence Bottero.Dans neuf mois, tout ce que la planète compte d'experts, de scientifiques, de maires, de gouverneurs, de dirigeants politiques, institutionnels ou d'entreprise convergera vers Nice. C'est là, en bordure de Méditerranée, que tous se focaliseront sur un sujet d'inquiétude et de résilience tout à la fois : l'océan.
Nice, après New York et Lisbonne, a été choisie pour servir de décor à la troisième conférence des Nations unies sur l'océan, appelée aussi Unoc 3. Un moment privilégié sans aucun doute mais qui pose un défi majeur : il est temps désormais de concentrer l'énergie et l'attention vers la définition de solutions elles seules capables, au-delà des grands discours, de sauver nos ressources les plus précieuses.
Comme pour toute autre ressource naturelle, pendant longtemps on ne s'est pas particulièrement soucié de ce que l'océan pouvait ingurgiter, transporter, supporter, estimant que cet écosystème incroyable pouvait parfaitement se réguler tout seul. Puis les premières alertes ont résonné : si on n'en prenait pas soin, l'océan allait souffrir et avec lui l'ensemble de la Terre, l'homme y compris évidemment.
Le corail, cet animal aux couleurs chatoyantes, est en réel danger.
Mais l'océan est vulnérable : insidieusement, le changement climatique opère son effet destructeur, modifiant l'acidité de l'eau, augmentant sa chaleur... et perturbant de fait l'ensemble de l'écosystème. Le corail, cet animal aux couleurs chatoyantes, est en réel danger. À Monaco, c'est un conservatoire mondial, créé en 2019, qui joue l'arche de Noé pour le protéger et faire en sorte que les futures générations n'aient pas à en parler au passé. Le tourisme à outrance, et longtemps peu respectueux de ce superbe environnement qui donne à l'activité toute sa valeur, a détruit l'existant, ce qui parfois a mis des siècles à se construire.