Depuis déjà une semaine, la Côte d'Azur bruisse d'événements autour de l'océan : congrès scientifique, forum sur l'économie bleue, journée consacrée aux villes côtières... Mais c'est aujourd'hui qu'Emmanuel Macron ouvre l'Unoc 3, qui se tient à Nice jusqu'au 13 juin. Cette troisième conférence des Nations unies sur l'océan, qui devrait accueillir 30.000 participants de plus de 100 pays, dont une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, et des centaines d'événements parallèles, constitue un rendez-vous crucial pour l'avenir de la biodiversité et du climat. En un mot, pour l'habitabilité de notre « planète bleue ». Un surnom qui n'a rien d'usurpé, puisque les mers et océans occupent 71 % de sa surface.
Avec seulement un quart des fonds marins actuellement cartographiés, ils sont moins bien connus que Mars, malgré leur rôle essentiel dans les grands équilibres planétaires. Ils absorbent 90 % des excédents de chaleur et un quart du CO2 émis par la terre, produisent 50 % de nos besoins en oxygène, et sont une pièce maîtresse de la régulation climatique ; ils assurent la sécurité alimentaire de 3 milliards de personnes ; leur biodiversité, déjà exploitée en matière de santé mais encore largement méconnue, recèle de multiples promesses.
Mais croissance démographique, mondialisation et changement climatique génèrent surexploitation des ressources naturelles, activités illicites et pressions environnementales, qui se traduisent par l'artificialisation des côtes, une pollution galopante, des vagues de chaleur marine responsables de l'acidification des océans, la prolifération d'espèces invasives, une perte de biodiversité, une élévation du niveau de la mer et une capacité dégradée à réguler le climat mondial, qui nous menace d'un dangereux engrenage.