Mardi 13 mai, sur TF1, le chef de l’État essaiera de retisser un lien avec les Français, leur proposant un référendum d’un nouveau genre. Deux ans avant la fin de son mandat, il estime que son histoire est loin d’être terminée.Est-ce à Colmar qu'il a vraiment ressenti pour la première fois que, pour lui, tout n'était pas fini ? Le bain de foule qu'Emmanuel Macron y a effectué le 2 février en marge des commémorations de la libération de la ville a beaucoup joué sur son moral. Tout s'était bien passé. On l'avait interpellé sur l'Ukraine, Donald Trump ou la mauvaise image de l'Assemblée nationale... sans jamais lui adresser la moindre critique acerbe. « Ça m'a fait du bien », avait-il confié à son retour, alors que depuis la dissolution tout était devenu si lugubre. À l'Élysée, par la suite, on avait trouvé le président reboosté.
Est-ce à Thouars qu'il a été convaincu qu'il allait pouvoir reprendre bientôt le fil de son histoire ? Le 10 avril, le chef de l'État avait débarqué dans cette petite ville des Deux-Sèvres pour un déplacement surprise, sans médias, préfet ou ministre, comme il aime désormais le faire régulièrement afin de prendre le pouls de la France profonde : dans le staff élyséen, on appelle ça « se faire un furtif ».
Après s'être arrêté au bar-tabac Le Prem's puis avoir visité une entreprise de menuiserie locale, il était passé au repas des aînés. Les jours qui avaient suivi, le chef de l'État avait plusieurs fois fait part de l'absence d'animosité qu'il avait perçue, des « tiens bon », « on compte sur vous » qu'il avait reçus...
Mardi 13 mai, c'est fort de tous ces signaux faibles qu'Emmanuel Macron va remonter en première ligne. Dix mois après l'accident tragique de la dissolution qui lui a tant coûté, il va tenter de retisser un lien avec les Français. Durant plus de deux heures, il participera à une grande émission en prime time sur TF1. Le format auquel il se frottera sera pour lui inédit : il répondra aux questions des Français et dialoguera avec plusieurs représentants de la société civile : Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, Robert Ménard, le maire de Béziers, l'économiste ultralibérale Agnès Verdier-Molinié et la jeune journaliste devenue porte-voix de la jeunesse révoltée Salomé Saqué.