« On est dans la merde. Il faut qu'on se retrousse tous les manches. » À Noël dernier, en vacances en Martinique, Dominique de Villepin appelle une amie de toujours pour lui faire part de son ambition : il a décidé de se lancer dans la course en vue de l'élection présidentielle de 2027. Au bout du fil, il ne reçoit que des encouragements. Cette vieille connaissance est depuis longtemps persuadée qu'il peut être l'homme de la situation dans de telles circonstances.
Deux saisons plus tard, l'ancien Premier ministre, 71 ans, est passé des paroles aux actes et se démultiplie. Il a sorti un livre, Le Pouvoir de dire non (Flammarion). De Marseille à Châteaudun, il s'est mis à arpenter le pays et désormais son nom apparaît dans le haut des classements des personnalités politiques préférées des Français. Doucement, il tisse sa toile. En juin, il a lancé son parti La France humaniste, présidé par Benoît Jimenez, maire UDI de Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise).
À la rentrée, il fondera un conseil national des forces républicaines en parallèle de son mouvement, comme l'a rapporté Le Parisien, qui aura vocation à rassembler des élus de tous bords. « Ce sera à l'opposé d'un schéma de débauchage. Je ne demande pas aux gens de gauche et de droite de ne plus l'être, pose-t-il comme préambule. Je fais au quotidien un travail d'humilité pour ne pas me définir dans les bulles du pouvoir. » À l'occasion de la prochaine présidentielle, Dominique de Villepin compte bien bousculer le jeu politique.