LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel regard portez-vous sur le congrès du PS ?
BENOÎT HAMON — Les élections européennes ont remis le Parti socialiste en situation beaucoup plus favorable en matière de poids électoral dans la gauche. Le choix du Nouveau Front populaire fait à l'issue de la dissolution était le bon. Olivier Faure a eu le mérite pendant plusieurs années d'éviter la disparition du parti et de lui permettre, dans une époque difficile, de reconstituer des forces.
Mais les débats stratégiques au PS ont souvent lieu par rapport à Jean-Luc Mélenchon, à ce qu'il dit, à la manière dont il bouge. C'est une sorte de réflexe atavique qui consiste à penser le monde par rapport à Mélenchon. Quand on choisit le terrain de la confrontation et la nature de celle-ci, on a déjà gagné le match. Le vrai enjeu pour le PS, l'écologie politique, et toutes celles et ceux qui, dans le spectre de la gauche, ne sont pas Insoumis et ne se rattachent pas à ce projet, c'est d'abord de se déterminer par rapport au gouvernement, à la droite et à l'extrême droite.
Jean-Luc Mélenchon est-il selon vous le principal obstacle à une victoire de la gauche en 2027 ?
L'idéal serait qu'il y ait une candidature unique de la gauche, mais celle-ci n'est pas possible en raison de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et il a quelques arguments pour se défendre. On peut le considérer comme un problème, mais la réalité c'est qu'il a fait des scores qui l'ont placé largement en tête en 2017 et 2022, c'est une donnée électorale incontournable.