Il aura fallu dix jours de négociations, huis clos et appels incessants pour que François Bayrou et le Parti socialiste trouvent un terrain d'entente qui permet à la fois au Premier ministre de rester à Matignon et aux socialistes de décrocher des victoires inespérées. En choisissant de ne pas voter la motion de censure déposée par La France insoumise contre le gouvernement Bayrou, le PS rebat les cartes du jeu politique, fracture le Nouveau Front populaire et devient le nouvel arbitre du pouvoir en place. Lors de cette semaine cruciale, François Hollande a joué un rôle actif en coulisses.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Le Parti socialiste a décidé de ne pas censurer François Bayrou. Pourquoi ?
FRANÇOIS HOLLANDE — Les socialistes ont d'abord fait le choix de la stabilité politique dans un moment où, faute de majorité, les Français veulent un gouvernement qui travaille et une opposition qui construit. Ensuite, ils ont refusé de faire du Rassemblement national l'arbitre des prochains mois. C'est ce qui avait perdu le gouvernement Barnier. Enfin, les socialistes ont préféré défendre l'intérêt de nos concitoyens. Ils ont permis aux partenaires sociaux de reprendre la main à travers une négociation sur les retraites dont les résultats déboucheront sur une nouvelle loi. Ils ont obtenu que les déremboursements prévus sur les médicaments et les consultations soient remis en question et que des crédits supplémentaires soient accordés aux hôpitaux, sans oublier le maintien de tous les postes dans l'Éducation nationale et le renforcement des dispositifs de justice fiscale, notamment pour les plus hauts patrimoines. Ce résultat n'est pas mince, la démarche n'était donc pas vaine.