En politique comme ailleurs, il y a les scènes, et la manière de les rapporter. Les vœux prononcés le 22 janvier par Bruno Retailleau à l'hôtel de Beauvau sont un bon exemple. Ce soir-là, le ministre de l'Intérieur, dont la popularité ne cesse de croître, mêle des parlementaires Les Républicains (LR) à quelques-uns du bloc central. Les présents apprécient le ton courtois du Vendéen, assoupli après avoir été si rude envers l'écosystème macroniste. L'expérience gouvernementale, sous Michel Barnier puis François Bayrou, l'a amené à revoir son jugement - sans renier ses convictions libérales et conservatrices, assure-t-il toujours.
Certains sont conquis, à l'instar de Maud Bregeon, la médiatique députée Ensemble pour la République (EPR) des Hauts-de-Seine. « Le dimanche, au marché, on entend souvent parler de Bruno Retailleau, surtout dans les circonscriptions de droite, constate-t-elle, et il y en a beaucoup chez EPR. » À un parlementaire LR, une ex-ministre proche de Gabriel Attal - qui n'aime guère l'ancien sénateur - a récemment confié avoir découvert « un type exceptionnel » à Beauvau.
D'autres sont plus mesurés. Le président de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Florent Boudié, avec qui il doit dîner demain soir, reconnaît sa capacité à faire des « pas de côté » tactiques quand il le faut, mais trouve son segment idéologique bien étroit. Qu'importe : une lueur de réorganisation de la droite et du centre droit, espace déjà saturé d'ambitions présidentielles, commence à poindre.